Chaque semis est la promesse d’un plant généreux qui produira en abondance des fleurs et/ou des fruits au cours de la belle saison. Le repiquage est le geste charnière qui permet de transformer une jeune pousse fragile en un plant vigoureux et bien enraciné, prêt à affronter la transplantation et à tenir sa promesse au jardin.
Quelle est la différence entre repiquer et transplanter?
Le repiquage est l’action de déplacer un semis qui a germé avec ses semblables (dans un plateau à semis, par exemple) vers un godet individuel rempli d’un substrat frais et aéré. L’objectif vise à donner de l’espace aux racines pour se développer et obtenir un plant plus fort et plus trapu.
La transplantation des semis définit plutôt l’action d’installer un plant déjà bien formé dans son contenant final ou en pleine terre et a pour but d’assurer une reprise rapide et sans stress.
Quand repiquer les semis?
On procède généralement au repiquage des semis environ 4 à 6 semaines après la germination, une fois que les jeunes plantules ont 1 ou 2 paires de vraies feuilles. D’autres indices nous indiquent que les jeunes plants sont prêts à être repiqués dans des pots individuels : les racines sont visibles sous le plateau, les semis se touchent, les tiges s’allongent.
Dans tous les cas, il vaut mieux repiquer un peu trop tôt que trop tard, car les racines seront entremêlées (en chignon) et risquent d’être abîmées lors de la manipulation.
Vous n’êtes pas certain de savoir si c’est le bon temps de repiquer vos semis? Consultez le calendrier de repiquage pour votre zone de rusticité. On y suggère les dates de semis, de repiquage et de transplantation des principaux légumes cultivés à partir de semis.
Matériel et substrat qui font la différence
- Pots de 7 à 10 cm avec trous de drainage ou plateaux alvéolés
- Plantoir
- Étiquettes
- Bouteille d’eau avec vaporisateur
- Substrat léger et drainant contenant de la perlite, comme notre terreau premium pour empotage
Comment faire le repiquage en 7 étapes faciles
- Remplir des godets de substrat pour semis de qualité légèrement humidifié.
- Au centre du pot, faire un trou suffisamment grand pour y insérer la plantule sans abîmer ses fragiles racines.
- Extraire le semis à repiquer en tenant les cotylédons, jamais la tige.
- Ajuster la profondeur du trou de plantation. Lors du repiquage des tomates et des poivrons, notamment, plantez sous la base des premières vraies feuilles afin de favoriser la croissance de nouvelles racines qui aideront à renforcer le plant. Les autres plantes (fleurs, fines herbes et la majorité des autres légumes) ne doivent pas être enterrées plus profondément.
- Ajouter du terreau pour combler le trou, puis presser légèrement.
- L’arrosage après le repiquage doit être suffisant pour que l’eau s’égoutte par le trou de drainage. Au besoin, rajouter du terreau.
- Offrir les soins appropriés aux plants repiqués : lumière vive de 14 à 16 h par jour, température entre 18 et 21 °C, s’assurer que l’air puisse circuler entre les plantes.
Quelles sont les erreurs courantes lors du repiquage des semis?
Pour éviter les déceptions au jardin, voici les erreurs les plus courantes lors du repiquage des semis ainsi que les façons de les éviter ou de les corriger à temps.
1. Repiquer trop tard
- Le résultat : des racines en spirale et une croissance ralentie.
- Comment corriger : démêler délicatement le chignon, pincer légèrement les extrémités.
2. Extraire la plante du plateau de germination en la tirant par la tige au lieu des cotylédons
- Le résultat : une tige écrasée, flétrissement de la plante et risque de mortalité.
- Comment procéder : toujours extraire la plante par les cotylédons ou le bloc de substrat. Utiliser un plantoir ou une cuillère pour soulever.
3. Trop tasser le substrat
- Le résultat : un drainage pauvre et des racines asphyxiées.
- Comment corriger : opter pour un substrat léger et éviter de le compresser au niveau des racines.
4. Arroser à l’excès après le repiquage
- Le résultat : jaunissement des plantules, pourrissement des racines, fonte des semis.
- Comment procéder : après le repiquage, arroser jusqu'à ce que l’eau sorte par les trous de drainage; ensuite, arroser seulement lorsque la surface est sèche au toucher.
5. Repiquer trop profond (sauf les plantes énumérées précédemment) ou trop en surface
- Le résultat : le collet des plantes pourrit lorsqu’il est enterré, les plants sont instables.
- Comment procéder : sauf pour les légumes comme les tomates, qu’on plante plus en profondeur, éviter d’enterrer le collet de la plante; toujours replanter de façon à ce que le terreau se retrouve au même niveau que dans l’ancien pot.
6. Utiliser un substrat lourd et insuffisamment aéré
- Le résultat : les mottes sont compactes et l’eau stagne.
- Comment corriger : utiliser notre terreau pour semis ou un substrat aéré offrant un excellent drainage, comme notre terreau biologique pour légumes et fines herbes, qui contient de la tourbe de sphaigne, de l’humus de tourbe, de la perlite et de la fibre de coco.
7. Manque de lumière après le repiquage
- Le résultat : des tiges qui filent et s’étiolent, des feuilles pâles et petites.
- Comment corriger : rapprocher les semis de la source lumineuse ou s’équiper de lampes de culture afin de s’assurer qu’ils obtiennent entre 14 et 16 h de lumière vive.
8. Température inadaptée
- Le résultat : une croissance lente ou des tiges étiolées.
- Comment corriger : viser une température de 18 à 21 °C après le repiquage; éviter les écarts trop marqués entre la température de jour et celle de nuit.
9. Fertiliser trop tôt ou surfertiliser
- Le résultat : brûlure des racines, feuilles brunies.
- Comment procéder : suivre nos recommandations pour savoir quand et comment fertiliser les semis.
10. Ventilation absente
- Le résultat : des tiges faibles et un risque de maladies foliaires.
- Comment corriger : assurer une légère circulation d’air quotidienne; on peut aussi soumettre les tiges à une douce brise afin de les renforcer.
Apprenez à reconnaître les symptômes et à régler les problèmes liés à la luminosité, au manque de ventilation, aux arrosages fautifs, etc. dans notre autre article.
Comment assurer une reprise optimale au potager
Lorsque la température le permettra, vos plantes pourront trouver leur place au potager. Pour éviter les chocs de transplantation et de possibles brûlures, il est important d’acclimater vos semis aux conditions extérieures de façon progressive.
Procédez sur une période de 7 à 10 jours. Une fois que c’est fait, plantez au potager dans un sol riche, comme notre terreau biologique pour légumes et fines herbes, ou en pot dans un substrat drainant, comme notre terreau pour empotage. Pour la culture en contenant, prenez le soin de bien choisir le pot pour qu’il soit suffisamment grand pour permettre à la plante de se développer durant la saison.
Pour faciliter l’adaptation de vos plantes dans leur nouvel environnement, ajoutez la farine d’os BLOOMBOOST 4-10-0 au trou de plantation. Ce fertilisant organique à libération lente favorise la croissance racinaire de même qu’une floraison et une production de fruits plus abondantes. Référez-vous à notre autre article pour savoir quelle quantité utiliser et comment intégrer la farine d’os pour un bénéfice maximal et sans risque de brûler les tiges et les racines.
Conseil de pro : Plantez en fin de journée ou lors d’une journée nuageuse. Procédez lorsque tout risque de gel est passé et que le sol n’est pas détrempé. Préparez le sol à l’avance, plantez à la bonne hauteur, arrosez abondamment – toujours au pied – puis recouvrez le sol de paillis en laissant le col de la plante dégagé.
Le succès du repiquage tient à trois principaux facteurs : procéder au bon moment, utiliser un substrat aéré et assurer aux semis les meilleures conditions. Intervenez au stade des vraies feuilles, manipulez par les cotylédons, ajustez la profondeur de plantation lorsque nécessaire, puis offrez lumière, aération et arrosages maîtrisés. Notez vos dates et vos observations. D’une saison à l’autre, votre calendrier deviendra votre meilleur allié.
Une bonne exécution de ces étapes favorise un enracinement solide et la formation de plantes robustes. Voilà les bases d’une transplantation en douceur au jardin, d’une reprise rapide et d’un potager plus productif!